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06.07.2008

Entrée libre

Le cout de l'immigration

Laquelle est juive laquelle est arabe

Article du Point du 19 juin 2008 (extraits)

Mohammed, élève de 5e, est plié de rire. Souad Belhaddad, journaliste, se plante devant lui et lui lance : « Tu sais, Mohammed, quand je t’ai vu entrer dans la classe, je me suis dit, tiens, celui-là il a une tête de bougnoule, il a une gueule de sale Arabe ! » . Le visage du garçon se fige, il se tasse sur sa chaise. La jeune femme poursuit d’un ton tranquille : « Tiens, “sale pute” ou “crevard de feuj”, ça te fait rire. Mais quand on dit “sale Arabe”, tu ne rigoles plus du tout ? »

Ce traitement de choc fait partie de la méthode de Souad Belhaddad et Isabelle Wekstein pour inculquer des rudiments de civisme aux collégiens du pays des droits de l’homme. Depuis trois ans, elles opèrent en duo dans des établissements difficiles du « 9-3 » ou d’ailleurs. Là où l’insulte — raciste de préférence-est le mode d’expression naturel ; là où les préjugés et les réflexes communautaristes remplacent la culture et le raisonnement.

Ce jour n’était pas un jour ordinaire au collège Barbara-Hendricks. La soprano en personne était en visite dans l’établissement. « Je suis venue avec deux copines qui vont se présenter elles-mêmes », annonce la chanteuse. Sans se désigner, une des deux femmes — Souad est d’origine arabe et Isabelle est d’origine juive — attaque : « Nous venons vous parler des discriminations. D’après vous, les enfants, laquelle est arabe, laquelle est juive ? » Et là, tout y passe : les mains, la coiffure, la couleur de peau… Un élève lance à Souad : « La juive, c’est vous, à cause de votre nez pointu ! » « Non, dit un autre . C’est elle, regarde ses chaussures à talons et son rouge à lèvres ! » « Pourquoi les talons et le rouge ? » demande Isabelle. « A cause de la religion », réplique un gamin. « Juger quelqu’un sans savoir qui il est, se faire une image de lui fondée sur des erreurs, cela s’appelle un préjugé », explique-t-elle.

Sur le chapitre des stéréotypes, les élèves sont incollables : beaucoup ont entendu dire que « les Arabes sont des voleurs », que « les Noirs puent » et que « les juifs sont riches et radins ». Radin, ça vient d’où ? « De la guerre, ils ne donnaient pas à manger aux autres. » Ah bon ? Ils étaient où, les juifs, pendant la guerre ? « Au Maroc… »

Question : sachant que la France compte 62 millions d’habitants, quelle est la proportion de juifs dans la population ? Les réponses des collégiens varient de 80 % à 10 %, tandis qu’un jeune beur évalue la population arabe à 30 millions. « Il y aurait donc 80 millions de juifs et d’Arabes en France », calcule Souad devant les élèves perplexes.

Le jeu de rôle de l’autobus est un de leurs classiques : deux élèves improvisent une dispute entre voyageurs au cours de laquelle ils échangent des injures raciales. L’expérience a montré que les élèves interprétant les autres voyageurs n’interviennent presque jamais. Pourquoi ? « Parce que ça risque de se retourner contre moi et que c’est pas mon problème », dit une beurette. Et si tu entends « sale Arabe », ça ne te concerne pas ? « Si, ça me concerne, parce qu’il me traite aussi. » Et si tu entends « sale Noir » ou « sale juif » ? « Non, parce que je ne suis pas noire ni juive. » Souad se tourne alors vers Barbara Hendricks qui assiste à la séance : « Je peux donc dire à Barbara qu’elle a une tête de négro puisqu’il n’y a pas d’autres Noirs dans la salle, personne ne protestera… » Trente paires d’yeux écarquillés regardent la diva, elle-même un peu étonnée. Un élève à lunettes lève la main : « Ah ben si, car il faut défendre la personne ! » « Et il faut dire : vous n’avez pas le droit ! » lance Isabelle en sortant de son sac un gros Code pénal rouge. Les collégiens découvrent alors que certaines des insultes qu’ils s’échangent allègrement peuvent tomber sous le coup de la loi.

« Crevard de juif », « sournois de Jaune », « bamboula », « espèce de Ben Laden » : c’est ainsi que les jeunes se « traitent » « pour rire » ou non. Ces mots blessent, expliquent la journaliste et l’avocate. Ils favorisent le communautarisme et ne sont pas du registre de l’humour, mais du délit. Pour bien enfoncer le clou, Souad s’approche d’un élève que le catalogue des injures fait ricaner : « Tu as les yeux hyper-noirs, toi. On dirait les yeux de Ben Laden ! » L’élève baisse la tête. « Excuse-moi, bien sûr que tu ne ressembles pas à Ben Laden ! C’était juste pour te montrer que ce n’est pas parce qu’on a la même origine qu’on a le droit de se traiter. »

Barbara Hendricks prend alors la parole. Dans un silence absolu, elle raconte que lorsqu’elle était petite fille « tout le monde, aussi bien à l’école uniquement fréquentée par des Noirs qu’à la maison, utilisait le terme nigger [nègre] ». Un jour la professeure de chant a dit qu’elle n’acceptait pas nigger parce que, juste avant de lyncher un Noir, c’est le nom qu’on entendait crier par la foule. « Depuis, conclut la soprano, je n’ai plus jamais utilisé ce mot. »

TF1 soutient RESF

Le jeudi 3 juillet, TF1 et son jeu « Qui veut gagner des millions ? » accueillait l’équipe du film « Bienvenue chez les Chtis » pour un spécial « Nord ». Les gains devaient aller, comme d’ordinaire, à des associations caritatives.

Or, l’acteur Kad Merad a choisi RESF (Réseau Education Sans Frontières) — une organisation qui se déclare elle-même hors-la-loi — comme destinataire de ses gains en précisant « ça leur permettra de payer les avocats ». .Pas moins de 72 000 Euros seront ainsi versés à l’association de défense des “sans-papiers” ! Les associations du Nord savent donc désormais que Kad Merad n’en a strictement rien à fiche de leurs activités et que pour lui seul compte la solidarité avec un groupuscule politique dont certains membres ont déjà été condamnés par la justice.

On peut, en revanche, se demander comment TF1 peut accepter un tel dérapage dans une émission de divertissement censée venir en aide aux associations caritatives ou tournées vers la recherche médicale. Comment la chaîne peut également accepter de financer un groupe d’extrême gauche dont la nature même de l’activité est de violer les lois de l’Etat, d’un groupe dont les responsables traitent le Ministère de l’identité nationale de « ministère de la rafle »

On peut aussi de demander si les annonceurs de TF1 dont l’argent sert à financer « Qui veut gagner des millions » sont d’accord pour « payer les avocats » d’agitateurs pour qui “les frontières ne devraient pas exister” et délinquants eux-même au terme de l’article L622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

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