C’est la loi en vigueur depuis le 1 e r juin 2008, imposant de filmer les gardes à vue dans les procédures criminelles, qui est en cause.
Dorénavant et depuis la promulgation de cette loi du 5 mars 2007 « tendant à renforcer l’équilibre de la procédure pénale », « les interrogatoires de personnes placées en garde à vue pour crime (…) font l’objet d’un enregistrement audiovisuel ». Mais un article « laisse comprendre que l’enregistrement des gardes à vue peut s’appliquer aux délits, décode un commissaire. Le texte est mal fait. Et comme la forme l’emporte sur le fond, certains avocats ont trouvé la faille ».
L’argument peut faire mouche
En fonction du juge des libertés et de la détention (JLD) devant lequel comparaît l’étranger, l’argument peut faire mouche. Si certains magistrats s’en tiennent à l’esprit de la loi et ne tiennent pas compte de cette boulette, d’autres entérinent la remise en liberté.
Le parquet de Nanterre fait « systématiquement » appel, et la cour d’appel de Versailles est « noyée » sous ces dossiers inattendus. « Depuis cette jurisprudence, nous examinons parfois jusqu’à trente dossiers, contre deux à cinq par audience habituellement », constate un magistrat. Depuis quelques semaines, la faille utilisée en droit des étrangers « fait tache d’huile et gagne le pénal », observent policiers et magistrats. La chancellerie a bien diffusé une circulaire datée du 2 février pour rappeler que seules les procédures criminelles doivent être filmées. Mais sans succès. Seule parade : une modification législative qui devrait être examinée au Parlement en juin. « Le texte est imprécis. Il faut le modifier, insiste un magistrat. A force d’empiler des lois, on fait des erreurs. »

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