04.08.2008
Alexandre Soljenitsyne
Né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk, il avait été reconnu mondialement pour son Archipel du Goulag, où il dénonçait le système concentrationnaire communiste nié ou soutenu par nombre d'"intellectuels", notamment en France.
Ayant combattu contre les armées nationales-socialistes durant la Seconde Guerre mondiale, il avait écopé, dès 1945, d'une lourde peine de 8 ans de prison dans les "camps de travail" pour activité contre-révolutionnaire. Dans une lettre, il avait critiqué l'attitude belliciste de Staline qui avait ruiné les possibilités de paix avec l'Allemagne. Après 8 années de goulag, il est exilé au Kazakhstan. Il pourra ensuite revenir près de Moscou et enseignera les sciences physiques.
Parallèlement il écrit et peut publier en 1962 Une journée d'Ivan Denissovitch ; mais ses livres suivants notamment Le Premier Cercle et Le Pavillon des Cancéreux, sont interdits de publication en URSS. Édités de l'autre côté du mur, ils lui permettent d'obtenir le Prix Nobel de littérature.
La tension avec les autorités s'accentue alors et les menaces se multiplient jusqu'à l'assassinat de l'une de ses proches. Après la publication de l'Arcihpel du Goulag, il est expulsé de Russie et déchu de sa "nationalité" soviétique.
Installé en Suisse, il ne devint pas ce que les Occidentaux en espéraient : Soljenitsyne était un homme libre en Russie, il restera un homme libre. Et il ne manquera de dénoncer toutes les tares de la société de consommation de ces "démocraties" dont il n'est pas dupe. Après trois décennies d'exil, à la chute du mur, ce patriote – et orthodoxe fervent – rentrera avec émotion dans son pays.
Lors de son retour, il effectuera un détour par la France pour honorer la mémoire des Vendéens massacrés par les révolutionnaires. Soljenitsyne établira un brillant parallèle entre la terreur exercée par la révolution maçonnique de 1789 et la terreur stalinienne, lors du discours inaugural du mémorial des Lucs-sur-Boulogne.
Avec la vieillesse et la maladie, il se retire peu à peu du monde et vit avec les siens. Il est depuis quelques années honoré dans son pays : Vladimir Poutine lui remit ainsi le Prix d'État en juin 2007.
Parmi ses dernières oeuvres, certaines lui ont particulièrement valu l'inimitié des cercles de l'intelligentsia occidentale : dans ses livres sur le goulag, sur la révolution bolchévique et plus généralement sur l'histoire russe, il a mis en lumière le rôle néfaste d'une partie importante de la communauté juive. Ses Deux siècles ensemble sur les relations entre Juifs et Russes de 1795 à 1995 lui ont valu des attaques venues de toutes parts ; et comme il le fut à ses débuts, revinrent les accusations d'antisémitisme et de nationalisme.
C'est assurément un grand homme libre qui a quitté ce monde hier.
« Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, ainsi que, bien entendu, l’Organisation des Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens-là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, dans leurs discours, et plus encore dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un État sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance – à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement hors d’état de rendre un seul coup. Alors que leur langue sèche et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur.
Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin? »
Alexandre Soljénitsyune, Le Déclin du Courage. Discours de Harvard, 1978

Communiqué de Presse de Bruno GOLLNISCH, Vice-Président exécutif du FN :
La mort du grand écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, prix Nobel de littérature, rappellera du moins son existence à bien des médias occidentaux, qui n’avaient pas attendu cet événement pour l’enterrer.
Il a dérangé par sa révélation de l’horreur du communisme dans ses remarquables fresques historiques, ses romans, ses essais. Pourtant, ne serait-ce que depuis l’affaire Kravchenko, tout cela était parfaitement connaissable avant même l’Archipel du Goulag.
Mais encore aujourd’hui en France, avoir été communiste ou gauchiste est une référence morale, comme en témoigne le délirant panégyrique de mai 68 il y a 3 mois, ou la complaisance à l’égard de Besancenot. Le procès de Nuremberg du communisme n’a pas eu lieu. Sa rhétorique domine encore.
On a encore moins écouté Soljenitsyne dans son patriotisme pourtant pacifique, sa quête de spiritualité, son retour aux valeurs chrétiennes, sa critique des abus de nos sociétés libérales (Discours aux Américains). Pas plus à l’Ouest qu’à l’Est, aucune calomnie ne lui a été épargnée, y compris, bien sûr, celle d’antisémitisme !
Alexandre Soljenitsyne fut la figure la plus connue des dissidents : ces intellectuels en butte à l’hostilité de toutes les forces du Système. Les patriotes français que nous sommes, dissidents dans leur propre pays, confrontés à un totalitarisme paré de fausse démocratie, exclus de la représentation politique, persécutés moralement, professionnellement, judiciairement, le saluent. Puissions-nous comme il l’a fait vaincre un jour l’actuelle imposture.
Décès d'Alexandre SOLJENITSYNE
Communiqué de Presse du Front National :
Le Front National salue la mémoire d’Alexandre Soljenitsyne, illustre patriote russe, bagnard du goulag et défenseur emblématique de la liberté et de la vérité. Ce très grand écrivain a contribué au premier rang, à la dénonciation et à la chute de la plus criminelle des dictatures : le Communisme.
Ayant violé certains tabous, il était depuis quelques années, victime de l’ostracisme médiatique mais il restera pour toujours dans l’esprit et le cœur des patriotes du monde.
